Q – En matière d’équipes diplomatiques, on vous accueille, Pascal Confavreux. Vous êtes le porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Déjà, première information très importante, vous avez un premier bilan – je dis bien que c’est un premier bilan – sur nos compatriotes français. Combien ont été touchés ?
R – Déjà, je voudrais redire combien nous pensons aux victimes ce soir, à leurs familles et à tout le peuple de Suisse. Le Président de la République s’est entretenu avec son homologue. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu avec son homologue. Les autorités françaises ont fait part d’offres de coopération pour aider les autorités suisses à faire face à cette tragédie. Ensuite, s’agissant de nos concitoyens et de nos ressortissants français, à l’heure où je vous parle, les informations dont je dispose sont les suivantes. Il y aurait neuf blessés français, je prends ça avec des pincettes, parce que les choses s’actualisent… Mais voilà, neuf blessés français qui sont pris en charge, et huit ressortissants français dont nous n’avons pas d’informations sur la localisation, et dont les familles sont en contact avec le centre de crise au Quai d’Orsay notamment, ou les services consulaires localement, et dont nous cherchons à avoir des informations.
Q – Donc neuf blessés. On voit bien que c’est en évolution parce que tout à l’heure, le Quai d’Orsay disait six, on est passé à neuf blessés. Et huit personnes non localisées. Ça ne veut pas forcément dire qu’elles sont disparues, parce que ça peut être des personnes qui sont allées faire autre chose et qui ont oublié leur téléphone portable quelque part, mais enfin, huit personnes non localisées. Est-ce que ça veut dire qu’on s’attend, la France s’attend, à un bilan français très, très lourd ?
R – On ne peut pas exclure, oui, ce soir, qu’il y ait des ressortissants français qui figurent parmi les victimes, en effet. Les autorités suisses sont en train, en ce moment, de faire ce travail d’investigation localement.
Q – Parce que ça, on l’a dit, on l’a expliqué à nos téléspectateurs, le travail d’identification, il est très compliqué et il va être long. Il ne faut pas s’attendre, malheureusement, à avoir, au milieu de cette horreur, en plus, des confirmations rapides.
R – Ce sont les autorités suisses qui mènent cela. C’est un travail qui est très long. Vous avez vu les chiffres qu’elles donnaient plus tôt dans l’après-midi. Et je crois que ça fait partie de leurs priorités.
Q – Donc huit personnes, huit Français non localisés, neuf Français blessés. Est-ce que vous avez, j’imagine pas en détail, mais est-ce que vous avez des informations sur l’état de gravité des blessures de ces neuf Français blessés ?
R – Ça, je ne peux pas le communiquer. Ce qui est certain, c’est qu’elles sont prises en charge au mieux par les autorités suisses, avec le partenariat de l’ensemble des pays aux alentours. Les autorités suisses ont activé le mécanisme de protection civile européen, ce qui concrètement consiste à dire : Est-ce que des pays autour peuvent nous aider, par exemple, en capacité de lits d’accueil pour des grands brûlés ? Ils ont activé ça dans la journée. L’offre française a été remise plus tôt aujourd’hui. Et d’ores et déjà, le ministère de la santé a mobilisé 19 lits, 15 lits adultes et quatre lits pédiatriques, pour pouvoir accueillir, si les autorités suisses le souhaitent et en ont besoin, des blessés de cette tragédie.
Q – Donc la France met à la disposition de la Suisse 19 lits, c’est ce que vous nous dites, notamment parce que, tout simplement, la France étant numériquement un pays plus grand, il y a plus capacité hospitalière en la matière.
R – Capacité hospitalière et proximité, évidemment, et puis enfin solidarité européenne.
Q – La France a déjà accueilli des blessés, actuellement ?
R – Elle a déjà accueilli, dans l’après-midi, trois blessés : deux aux Hospices civils de Lyon et un en région parisienne. Deux sont français, des patients français, et un est de nationalité suisse.
Q – Est-ce que vous avez des informations, j’imagine que vous parlez avec nos partenaires européens ? Il y a d’autres pays, d’autres nationalités qui sont impactées, évidemment, des Suisses, des Français donc. Est-ce que vous avez, vous qui êtes diplomate, entendu d’autres pays, d’autres de nos voisins européens, qui sont évidemment dans l’inquiétude ?
R – Pour cela, je n’aurai pas plus d’informations que les informations en sources ouvertes que nous voyons avec vos confrères. Je crois que notamment l’Italie serait touchée. Mais c’est vraiment à eux, effectivement, de le confirmer.
Q – D’accord. Est-ce qu’Emmanuel Macron s’est entretenu avec le président de la Confédération helvétique ? Qu’est-ce que la France peut faire, en plus des gestes d’assistance médicale ?
R – C’est déjà la première priorité, c’est cette mobilisation de capacités de lits, notamment dans des spécialités parfois très compliquées, qui nécessitent beaucoup de suivi. Par exemple, c’est le sujet des grands brûlés. Et puis, il y aura ensuite des questions, par exemple, de transport sanitaire. C’est ce type de questions très pratico-pratiques, répondre à ce dont on a besoin et ce dont les autorités suisses ont besoin. C’est vraiment ça, ce qui est en train de se passer. Ce sont les autorités suisses qui sont en première ligne. Le Quai d’Orsay coordonne la réponse interministérielle de notre côté, échange avec les autorités suisses, pour leur dire ce que nous sommes en capacité de proposer. Et puis, il y a différents ministères en France qui sont mobilisés, extrêmement mobilisés. Bien sûr, le ministère de la Santé, évidemment, le ministère des armées, le ministère de l’intérieur. C’est cette réponse des différents ministères…
Q – Pour la logistique, ou peut-être parce qu’il y a des hôpitaux militaires, on sait qu’il y a des hôpitaux militaires qui sont très bien équipés et spécialisés, notamment dans les grands brûlés. Est-ce qu’indépendamment du médical, la France peut apporter une autre aide, une autre expertise ? Par exemple, pour l’identification, pour l’enquête, est-ce qu’il y a eu des demandes dans ce sens-là ? Ou la Suisse, évidemment…
R – Il y a des échanges qui se font au niveau consulaire. Je crois que les autorités suisses ont ouvert leur enquête à ce stade. C’est vraiment là où nous en sommes. Il y a des échanges, notamment avec les services consulaires, par exemple, pour l’identification. Effectivement, ça fait partie des échanges qui sont en train de se produire, en ce moment.
Q – Juste, dernière question pour les Français, les spectateurs et peut-être malheureusement des proches de victimes ou de victimes supposées qui nous regardent, quelle est la démarche à faire ? Contacter le ministère des affaires étrangères ou le numéro suisse, on va le remettre à l’écran, le numéro des autorités valaisannes, qui est le +41 848 112 117. Pascal Confavreux, c’est le numéro qu’il faut appeler ?
R – Ça, ce sont les autorités valaisannes, pour que vous ayez un point de contact avec les autorités locales. Il y a un numéro qui a été mis en place au consulat général de France à Genève, qui est donc la circonscription compétente pour ce territoire. Et donc là, c’est un numéro qui peut être utilisé pour les proches cherchant des informations, sachant qu’évidemment, nous n’avons pas des informations sur tous les cas individuels. Et ce numéro, c’est le +41 79 200 94 93.
Q – Je le répète, +41 79 200 94 93. Merci beaucoup, Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, pour nous avoir donné ces derniers éléments. Je rappelle à nos téléspectateurs qui nous rejoignent, donc, neuf Français blessés dans cette tragédie à Crans-Montana, et huit toujours pas localisés. Donc la France, malheureusement, se prépare également à un bilan très élevé. Merci, Pascal Confavreux.
Source : France Info TV, émission du 01/01/2026 à 22h




























